Passions

Retour aux sources… Guadeloupe me voilà !!!!

Reading Time: 5 minutes
Plage d’Anse Laborde

« Ma mère est née là bas, mon père est né là-bas… moi je suis née ici … » je partage cela avec Doc Gynéco (et pas grand chose d’autre je pense !), cette île, mon île : la Guadeloupe. Mes parents y sont nés, ils y ont vécus puis ils ont quitté ce paradis pour venir s’installer à Paris, persuadés d’y trouver leur bonheur. A l’époque, ils ne sont pas les seuls à entreprendre cette aventure, beaucoup d’autres antillais, guyanais et réunionnais viendront chercher de meilleures conditions de vie, un emploi en « Métropole ». Et finalement ils y sont restés en métropole mes parents, sans jamais rompre le lien avec leurs racines en Guadeloupe, sans que jamais le désir d’y retourner pour de bon ne les abandonnent. 
Moi je suis née ici, à Paris, ville de lumière, qui fascine tant le monde. Et c’est vrai que j’y suis attachée moi à Paris. Ben oui, c’est la classe quand même cette ville, ses boutiques chics, ses bons restaurants, ses quartiers divers et variés, la Tour Eiffel !!!! Bon, après je vais pas vous mentir, j’habite pas dans Paris, faut quand même pas déconner !!! Je suis une vraie banlieusarde à défaut d’être une vraie parisienne.

Mais vous savez quand on me pose la fameuse question, sisi vous voyez très bien à quoi je fais référence, la question qui me fait souvent lever les yeux au ciel : « tu viens d’où toi ? » et bien moi je réponds (je suis plutôt polie comme fille en général donc je réponds quand même) de la Guadeloupe avec fierté. Je pourrais dire que je viens de Paris, mais c’est pas ce à quoi s’attend mon interlocuteur, il veut savoir pourquoi je suis si bronzée au naturel !!! Je viens forcément d’un lieu exotique, je ne peux être une vraie parisienne… mais ça c’est un tout autre sujet on ne va rentrer dans ce type de débat.

J’ai baigné dans la culture antillaise pendant toute mon enfance et toute ma jeunesse avec sa musique, sa danse, sa gastronomie, et bien sûr le créole.  Cela fait partie de moi, de qui je suis, tout autant que ma culture de parisienne banlieusarde !!! Tout comme Doc Gynéco (bon promis après j’arrête les comparaison avec lui !) j’ai profité des congés bonifiés. Et ça en matière de maintien des liens et de retour aux sources franchement c’est top.

Bois Jolan, Sainte Anne
A chaque voyage là-bas, j’en ai appris un peu plus sur mon île, ses secrets, ses traditions. Au fil du temps je me suis intéressée à l’histoire des Antilles, à cette identité antillaise, j’ai découvert la richesse de la langue créole, le folklore antillais. Mais j’ai aussi dû me confronter aux clichés sur la culture antillaise, non ne soyez pas gênés, je sais bien que vous en connaissez quelques uns. Vous savez, « ils ont le rythme dans la peau »,  « il faut y aller lentement avec eux, ils sont coooools », « les antillais ? des chauds lapins ! », j’en passe et des meilleures… 
Et puis, le poids de l’Histoire, une histoire marquée par la Traite négrière et des descendants d’esclaves qui ont bien du mal à se sortir des stigmates de cette domination. Tout cela est bien plus palpable que ce que j’imaginais plus jeune. Division, sentiment d’infériorité, relégation sociale, sentiment d’injustice, sont autant de relents de cette période de l’Histoire. Un cocktail explosif, non ? On mélange le tout et ça peut donner beaucoup de frustrations, de colère. 

Ce qui m’importe aujourd’hui, c’est de transmettre cette culture à mes enfants, de leur permettre de s’approprier cette Histoire, de découvrir tout ce qui fait la fierté du peuple antillais. Ces derniers temps, au détour d’une formation professionnelle, je me suis prise au jeu du génogramme. En tentant de faire mon arbre généalogique j’ai été frappée par le peu de connaissance que j’ai de mes ancêtres, sans doute comme de nombreux antillais, guyanais ou réunionnais. Qu’est-ce qui était important pour eux, quelles étaient leurs convictions, leurs valeurs ? Autant de points d’interrogations dont je n’aurais sans doute jamais les réponses, que faire de ce vide ? Qui étaient mes anciens ? Il y a dans toute cette démarche de recherche généalogique une grosse part d’inconnu due à l’esclavage en lui même, quel nom chercher ? Où chercher ? Si mes ascendants n’ont pas transmis cette part de mon histoire, ils devaient avoir leurs raisons. Est-ce la honte ? La volonté d’oublier à tout prix, de passer à autre chose ? 
En tout cas, pour ma part, je me lance et j’espère pouvoir retracer un peu de cette trajectoire familiale qui m’échappe aujourd’hui.

Des quenettes : un délice !!!

Gratin de christophine et fricassée de lambis

Les fameux accras dont tout le monde rafole !
Maison de la mangrove

J’adore ce côté tellement nature de l’île. On s’y sent en paix, au calme, en communion avec les éléments. Et puis les enfants en raffolent. Pas de distraction, pas de nuisances sonores, juste le bruit du vent…

Maison de la mangrove – Les Abymes

Et vous ça vous tente la Guadeloupe ?

Laissez un commentaire